Marseille : « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue ! »

Société



La manifestation organisée par la société civile franco-comorienne de Marseille, samedi 5 avril, a rassemblé du monde, beaucoup de monde. Cinq cent selon la police mais ils étaient plus d’un millier à s’être regroupé au « Bangwéni » de la place d’Aix, point de départ d’une longue marche vers la préfecture, selon de nombreux observateurs.



Marseille : « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue ! »
ous un soleil radieux, les Comoriens de Marseille avaient répondu en nombre à l’appel des organisateurs pour demander aux autorités françaises « L’extradition sans délai de Mohamed Bacar vers les Comores » et le « le respect de la souveraineté des Comores. » Derrière ses mots d’ordre on pouvait également lire sur les banderoles d’autres revendications : « Non aux expulsions des Comoriens de Mayotte », et « Défendons l’unité nationale et l’intégrité territoriale des Comores. » Pour réussir cette mobilisation, les organisateurs ont du se rencontrer tous les soirs pendant une semaine comme l’explique Badoro «ce n’est jamais évident de mobiliser la communauté pour une manifestation et là, nous avons du nous rencontrer tous les soirs, jusqu’à tard, pour sensibiliser le grand nombre de personnes et nous sommes aujourd’hui satisfaits. » La communauté comorienne qui représente 10% de la population marseillaise est la plus importante de france.

Marseille : « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue ! »
Avant le départ, les organisateurs distribuaient des tracts portant leurs revendications avec au verso l’hymne national des Comores écrit en comorien et traduit en français. Et, c’est sur « UZIMA WA MASIWA (L’unité des Comores) », repris en cœur par tous les manifestants, que le cortège démarra sa longue marche vers la préfecture. Après une cacophonie de quelques minutes et une sécurité un peu débordée à l’entame de la manifestation, tout se déroula par la suite dans un esprit de communion. En tête de cortège, micro en main, Ali Dombolo raguait la foule avec des « Mohamed Bacar aux Comores», « Respectez les Comores » ou encore « Sarkozy rendez-nous Mohamed Bacar .» Un peu plus loin, l’autre hymne, celui d’Ali Soilih, démarrait en cœur pendant qu’en queue de file, comme dans un Djalico, quelques jeunes scandaient des « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue.»

Marseille : « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue ! »
Un peu plus d’une heure après le départ, tout ce beau monde s’est retrouvé devant la préfecture pour le bouquet final. Là encore, l’hymne nationale fut chanté en cœur avant que Ben Amir Saadi, porte-parole de la manifestation, ne prenne le micro pour discourir d’abord en comorien puis en français sur les revendications de la communauté comorienne vis à vis des autorités françaises. Dans son allocution, après avoir remercié la communauté venue en nombre soutenir une cause nationale, il s’adressa aux autorités françaises pour leur rappeler « que les Comores est un pays souverain et qu’il aspire à la démocratie. Mohamed Bacar doit être jugé aux Comores pour tous les crimes qu’il a commis.» A chaque fin de phrase, la foule réagissait et il reprenait aussitôt, élevant toujours plus fort le ton. « Nous sommes là aujourd’hui et nous reviendrons demain et après demain tant que la France ne cessera pas ses méthodes néo-coloniale d’antan visant à nous diviser», déclara-t-il avant de s’en aller, accompagné d’une délégation, remettre une motion aux autorités préfectorales.

Marseille : « Mohamed Bacar t’es foutu, les Comoriens sont dans la rue ! »
Quelques jours plus tôt, le mercredi 2 avril, une rencontre d’une heure et demi avait déjà eu lieu entre le cabinet du préfet et les organisateurs. A son retour, Ben Amir Saadi a évoqué l’incident survenu une semaine plus tôt à la Radio Galère avec l’animateur Dhackoine. « Nous ne sommes pas contre la liberté d’expression, nous sommes contre les pyromanes qui attisent le feu de la haine entre nos îles. Radio Galère ne doit pas devenir la radio mille collines du peuple comorien», conclu-t-il avant que la foule ne reprenne en coeur de nouveau, pour terminer comme elle avait commencé, "UZIMA WA MASIWA", l'hymne des Comores.

Rédigé le Lundi 7 Avril 2008 à 00:29 | Lu 2247 fois


La rédaction

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