Les fiançailles à la comorienne par une franco-comorienne (enfin la suite)



Je sais que cet article est très attendu. Après vous avoir mis l’eau à la bouche, avec la première partie, il est temps de vous faire goûter les joies des fiançailles à la comorienne... par une franco-comorienne.



Les fiançailles à la comorienne par une franco-comorienne (enfin la suite)
C’était il y a déjà un an (c’est fou comme le temps passe vite). Je me souviens qu’il nous avait fallu des jours et des nuits pour arranger la maison pour qu’elle puisse accueillir tous les invités. Mon programme était le suivant : me faire coiffer, maquiller et manucurer pendant la matinée et recevoir tout l’après midi. Ce jour là, j’étais la plus belle !!! Pour faire original, nous avions décidé de porter des tenues traditionnelles marocaines. Donc toute ma famille était en tenue marocaine ainsi que mon cher fiancé. D’ailleurs pour suivre la tradition qui dit qu’à un mariage ou à des fiançailles le vert porte bonheur, ma tenue à moi était d’un joli vert clair. (Pour la petite histoire, moi je voulais porter un kimono pour mes fiançailles, mais je ne sais pas pourquoi, cette idée n’a pas beaucoup plu).

Cette journée était féerique, magique. J’entendais de la chambre (où j’étais enfermée pour la journée) les chants traditionnels chantés par toutes les femmes de ma famille et toutes celles n’en faisant pas partie qui étaient venues donner un coup de main. Mon rôle consistait pour beaucoup à prendre des photos avec toutes les personnes qui le voulaient. D’ailleurs je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des cérémonies comoriennes mais généralement les femmes ne sourient pas. Je me suis souvent demandée pourquoi. Mais après avoir passé 6h d’affilée à sourire, je l’ai compris, malheureusement aux dépends de mes zygomatiques…Autre fait tout aussi douloureux, je n’ai pas eu le droit de manger (et je continue aujourd’hui encore à me demander pourquoi ????)

Comme tout évènement, cette journée a eu des hauts et des bas. Le bas pour moi a été la perte momentanée de mon cher fiancé. Pendant une bonne demi-heure, il a été introuvable, et pour être franche, j’ai crue qu’il s’était simplement enfui. LOL. Mais ce n’était pas le cas. La « fête » a réellement débutée à son arrivée. Les hommes sont venus, ont parlé, ont mangé, ont offert des cadeaux et sont partis. Peu de temps après ce sont les femmes qui ont pris le relais et ont fait à peu près la même chose si ce n’est qu’elles sont venues en file indienne en chantant et qu’à la fin elles sont passées dans la chambre me couvrir d’or (Qui n’a jamais rêvé de ça ?????).

Pour résumer, cette journée a été sublime, tellement sublime que certains étaient prêts à nous marier dans la foulée. MDR. Seulement à bien y réfléchir, je ne sais pas si c’était la meilleur des manières pour fêter nos fiançailles sachant surtout qu’elles n’ont pas duré longtemps (Eh oui ! C’est déjà fini). Tout était beau, tout était magnifique mais tout était également trop. Au point que ça en devenait impersonnel. La plupart des personnes qui sont passées ce jour là ne m’ont pas vue et ne me reconnaitraient surement pas dans la rue.

Je pense que finalement une petite fête, intime, entre les membres les plus proches de la famille aurait peut être était mieux. J’aime la simplicité et j’aime ma famille. Et j’ai eu mal en les voyant se couper en quatre pour cet évènement. Au lieu de s’amuser, elles ont tout fait pour que tout se passe bien (même si elles n’ont pas pu éviter les vols, fréquents lors des évènements comoriens). Alors, après tout, les fiançailles à la comorienne, malgré le faste, ne valent pas selon moi, des petites fiançailles à la française où l’on partage sans chichis le bonheur des uns avec les autres. Il faudrait trouver un juste milieu entre les deux. Arrêter de vouloir mettre en avant les richesses et plutôt se concentrer sur la famille et le bonheur tout simple. Je garderai : les chansons personnalisées et les chants traditionnels, les jolies tenues (mais je laisse tomber le vert qui n’a pas eu d’effet sur moi), la famille proche et de la bouffe pour tous !!! (vive les buffets froids !!!). Je ne garderai pas : la centaine d’invités (et non invités), les repas préparés pendant des jours et des jours (et dont on ne voit pas la couleur), les personnes qui sont censées être payées pour aider (parce qu’en général elles ne font pas leur boulot efficacement et partent avec les ¾ de la nourriture) et surtout la séquestration de la fiancée dans la chambre !!
Mais sachez-le, je ne regrette rien car pendant une journée, j’étais une vraie princesse.

Rédigé le Jeudi 21 Mai 2009 à 04:42 | Lu 1286 fois


Riwadi

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