Le Président de la République s’est adressé à la Nation.



Discours à la Nation de Son Excellence MonsieurAHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l’Union des Comores.
Après les louanges à Allah et les salutations au Prophète, à sa famille et à ses compagnons, le Président de la République a adressé à la Nation un discours en langue nationale dont voici la traduction en français :



Le Président de la République s’est adressé à la Nation.
« Honorables Comoriennes et Comoriens, des quatre iles et de la Diaspora, Jeunes et Adultes, Hommes et Femmes, Vous tous qui me comprenez lorsque je m’adresse à vous, Que Dieu vous protège, vous honore, et fasse de vous des bienheureux, dans ce Monde et dans l’Au-delà.

Une fois encore, j’ai jugé opportun de m’adresser à vous, comme il est de mon devoir de le faire à chaque grande occasion, dans le bonheur ou le malheur, pour vous annoncer qu’à la suite du référendum du 17 mai 2009, je viens de signer les premiers actes et de prendre les premières mesures de la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.

Je sais que vous avez voté pour que des changements interviennent dans le pays et, notamment, pour que les Présidents des îles et leurs ministres, soient respectivement dénommés Gouverneurs et Commissaires et pour que les anciens députés des îles soient appelés Conseillers.

Ainsi, conformément aux prérogatives que vous m’avez données en adoptant la Loi référendaire du 17 mai et en attendant la mise en place de l’Assemblée de l’Union et des conseils des iles, et en me basant sur les articles 22 et 23 de la nouvelle Constitution, j’ai commencé à signer des actes allant dans le sens de votre volonté de doter le pays d’institutions stables et de mettre fin aux conflits.

En effet, l’article 22 dispose, je cite : « Les dispositions nécessaires à l’application de la présente loi référendaire feront l’objet soit d’ordonnances soit de décret pris en conseil de ministres ». L’article 23 : stipule pour sa part que : « La présente loi entre en vigueur dès sa promulgation par le Président de l’Union dans les sept jours suivant la proclamation des résultats du référendum par la Cour Constitutionnelle. » Je devais donc vous tenir informés que je viens ainsi de commencer la mise en ouvre de ces dispositions.

Vous avez également exprimé à l’occasion du référendum, votre volonté d’harmoniser les mandats électifs et réduire le nombre de scrutins. Comme vous le savez, aucune loi ne régit l’élection des anciens députés des iles, devenus aujourd’hui Conseillers. Je tiens ainsi à vous informer que je signerai, dans les heures qui viennent, les actes permettant de tenir ces élections pour éviter les problèmes. Voilà quelques un des premiers fruits de votre vote du 17 mai.

Je saisis cette opportunité pour vous tenir un langage auquel je ne vous ai pas habitué et vous informer de l’état de la Nation pour vous préparer aux changements à venir.

En effet, je souhaite vous parler des finances publiques. Je vous ai souvent dit que la Loi des finances qui, comme vous le savez, est adoptée chaque année par les députés, ne me satisfait pas dans son état actuel. Là aussi, des changements sont nécessaires pour prendre en compte les problèmes des comoriens. Les Comoriens ont des problèmes d’eau, d’énergie, de routes, d’écoles et de santé. De nombreux foyers et de villages entiers n’ont toujours pas d’électricité ou de routes et manquent d’hôpitaux. En effet le problème des infrastructures routières reste entier.

Certes il existe un fonds pour entretenir les routes mais il n’y en a pas pour en construire et la plupart des comoriens continuent à vivre dans des cases en paille ou en tôles, peu propice à la santé et à l’hygiène.

Or, tout cela ne se reflète dans aucun des chapitres de la Loi de finances. Pour illustrer mon propos, je vais vous exposer l’état des recettes et des dépenses publiques pour l’année passée, en espérant ainsi, montrer aux Comoriens, comment est utilisé leur argent.

Pour rappel, les recettes de l’Etat proviennent des douanes, des impôts, de la Société des Hydrocarbures, des régies, de la SNPSF et enfin des aides budgétaires extérieures. Voilà une réalité de notre pays, que vous devez connaître. Je ne suis pas de ceux qui considèrent la politique comme l’art du mensonge.

Au total, les recettes effectives de l’Etat pour l’année 2008 s’élèvent à 17.497.137.609 francs.

Ainsi, en 12 mois, les douanes ont versé 7.913.872.051, les sociétés d’Eta 4.202.934.007, les Hydrocarbures 342.000.000 les régies 824.124.306, et la SNPSF 1.467.000.000. Les aides extérieures s’élèvent au total à 1.973.381.291, selon les comptes qui m’ont été fournis par le Trésor Public.

Pour les dépenses, la priorité va au remboursement de la dette extérieure, soit 1.914.378.898. Certes cette somme pourrait servir à financier la construction de nos écoles, à nos besoins en eau et en énergie, à nos infrastructures routières et à l’équipement de nos hôpitaux.

Toutefois, nous avons maintenu cette priorité car notre crédibilité auprès des institutions financières internationales, nos discussions avec elles et les relations avec le FMI et Banque Mondiale dépendent de notre capacité à honorer nos engagements.

C’est ainsi que nous devons prier pour que le 25 juin prochain, notre pays obtienne ce qu’il demande depuis des années : non seulement un programme avec ces institutions mais également la possibilité de bénéficier de l’effacement de la totalité de sa dette, car il nous reste encore 86 milliards à rembourser. D’ici cette échéance, notre pays doit payer 10 millions de dollars, pour bénéficier d’un nouveau programme. A cet effet j’ai eu, encore aujourd’hui, à passer de nombreux coups de fil. Ne manquez donc pas de faire l’invocation des saints de ce pays, pour que nous puissions, avoir la chance non seulement de bénéficier de l’effacement de notre dette extérieure mais aussi de pouvoir régler, en une seule fois, notre dette intérieure.

Pour toutes ces raisons et comme vous le voyez, la priorité accordée au règlement de la dette, à hauteur de 2 milliards de francs, ne doit pas vous offusquer.

Mes chers compatriotes,

12.357.783.993 francs sur 17 milliards, ont servi à la paie des salaires des agents de l’Etat, pour 10 mois sur les 12 mois de l’année 2008. N’oubliez pas qu’en outre l’année 2008 a vu le débarquement d’Anjouan et les élections dans cette ile qui ont également occasionné de grandes dépenses à l’Etat. A cela, il faut ajouter les dépenses de fonctionnement de l’Etat.

J’ai ainsi voulu vous parler de cette réalité-là : notre pays a consacré 71% de ses recettes aux paiements des salaires en 2008 et les prévisions de 2009 annoncent 79 ou 80%. C’est votre argent en tant que citoyens et contribuables. Vous devez tous par conséquent et notamment les jeunes, être les gardiens vigilants des fonds publics et veiller à sa dépense à bon escient et dans votre intérêt.

Nous devons changer de comportement, au risque de voir s’accumuler davantage encore les arriérés de salaire ou de ne pouvoir rien payer du tout.

Si demain un Gouverneur veut recruter, ce qui est normal, il doit néanmoins obtenir l’autorisation de la Haute Autorité. Cela aidera le pays. C’est pourquoi j’ai demandé le recensement des agents de l’Etat et l’assainissement des effectifs sans distinguer les fonctionnaires de l’Union de ceux des îles.

En effet, pour moi il n’y pas de différence entre ceux qui servent le pays et l’Etat au niveau de l’Union ou à celui des iles. Il faut donc identifier les fonctionnaires car il n’est pas normal que des personnes soient payées à ne rien faire et laisser prospérer les recrutements politiques.

Je saisis cette occasion pour dire ceci aux syndicats : si quelqu’un doit veiller, être le premier gardien et aider à faire cesser l’anarchie dans la fonction publique, c’est bien les syndicats, pour que les travailleurs soient payés. Les mesures annoncées ont pour objectif l’intérêt du pays et ne visent pas des catégories. Les salaires qui sont versés à ceux qui ne font que jouer aux cartes sur les ordinateurs de bureaux, pourra ainsi servir à d’autres usages, notamment l’aide aux entreprises. Si tous les Ministres se mettent à recruter, ce serait comme le poison dans le miel. En effet les agents payés à ne rien faire, contribuent à enterrer le pays.

Nos frères de la diaspora savent eux, que les recettes de l’Etat proviennent des citoyens et que même leurs téléviseurs font l’objet de redevances.

Dieu fasse que nos débats futurs portent non pas sur nos maigres recettes mais sur nos priorités et les priorités de nos priorités car on n’en est pas encore là. Nous avons peu de recettes, nous devons donc les dépenser à bon escient. C’est pourquoi j’ai demandé qu’à partir du paiement du mois passé, des prélèvements soient effectués sur les indemnités dans les superstructures.

Comoriennes, Comoriens,

Dieu fasse que les actes que j’ai commencés à signer bénéficient au pays et à vous tous qui avez décidé de doter le pouvoir et les prérogatives à un seul Président, un seul Gouvernement et bientôt une seule assemblée dont les députés seront les gardiens de l’Etat et les contrôleurs des fiances publiques.

J’espère que ma prochaine adresse à la Nation sera pour vous annoncer de bonnes nouvelles du FMI et des autres organisations financières.

Que la Paix et le Salut soient sur le Prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons et que Dieu vous comble de ses bienfaits »


Source: beit-salam.km

Rédigé le Mardi 9 Juin 2009 à 13:20 | Lu 645 fois


Ben Amir SAADI

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