La comorienne sexuality



Sujet croustillant !!! Que dire sur la sexualité de la jeunesse franco-comorienne, des Comores et d’ailleurs ? Rares sont les parents qui connaissent la sexualité de leur enfant. En effet, ils imaginent souvent (et à tort) quel leur chère progéniture révise, dort, danse avec des amis ou travaille (En fait, je pense qu’ils le savent mais qu’ils préfèrent fermer les yeux). Pourquoi ? Comment ? Tout, tout, tout, vous saurez tout (ou presque) sur la comorienne sexuality.



Les modes de vie changent, les gens changent, et notre génération ne voit plus le sexe comme nos parents la voyaient. Avant, on était lobotomisé dès l’enfance par des : « si il te touche c’est haram » ou des « il ne doit pas te toucher là, là, là, là, ni t’embrasser parce que sinon t’aura un bébé » enfin bref, des mensonges et le pire était que dès la puberté on pouvait vous marier. Maintenant, la sexualité est devenue un sujet commun. On en parle dès l’enfance et ce n’est plus aussi tabou (pas pour les jeunes en tout cas). A cause de cela, les jeunes s’essaient à la sexualité de plus en plus tôt. Avant on jouait au docteur pour apprendre à connaitre le corps de l’autre, maintenant on se roule des pelles et on se touche comme les grands (à la maternelle, tous les enfants ont au moins un ou deux copains/ines, et ont déjà fait un ou deux bisous sur la bouche : c’est révélateur).

sexe.jpgLe jeune comorien commence sa vie sexuelle assez tôt, en moyenne à 12 ans et souvent avec une fille plus âgée. La jeune comorienne attends plus longtemps pour sauter le pas, peut être parce que l’occasion ne se prête qu’un peu tard, je dirai vers 15 ans à peu près (Tous ces chiffres sont donnés à titre indicatif et ne relèvent d’aucune étude sérieuse, juste de mon entourage.) Tout se fait dans le dos des parents et des adultes, et des fois si près que l’on peut se demander comment ils font pour ne pas comprendre (ou au moins entendre, si vous voyez ce que je veux dire…)

"Le sexe est devenu un jeu, un mode de vie."

En général l'acte se passe sans aucune protection (ce qui est très dangereux rappelons le), cela, pas à cause d’un manque de contraception, mais plutôt « comme ça ». C’est apparemment aux filles de trouver un moyen pour que le pire n’arrive pas. Le pire pouvant être une grossesse ou une MST/IST (maladies ou infection sexuellement transmissibles). Seul problème, il est plus difficile pour les filles que pour les garçons, d'obtenir des moyens de contraception (on est plus surveillé, et plus sujet à critique que les garçons: c'est pas juste!!!!). Résultat: la majorité (même plus) des comoriens ont une IST et les grossesses non désirées, dont de filles de moins de 15 ans, augmentent dangereusement.

Le sexe est devenu un jeu, un mode de vie. Et même pour certains, le sexe est devenu un moyen de se faire de l’argent. Eh oui, chers adultes, vos jeunes enfants que vous aimez tant, se prostituent pour avoir les derniers vêtements à la mode et autre fiertés d’adolescents. Cette tendance semble se généraliser aussi bien en France qu'aux Comores et cela concerne les filles mais de plus en plus les garçons (et pas avec des femmes mais vraisemblablement avec des hommes!). D'ailleurs, fait qui me semble étonnant, lorsqu'un jeune garçon se prostitue pour des "cadeaux", cela semble "excuser" ses rapports homosexuels. C'est à dire que l'homosexualité est mal vu aux Comores (quoique mieux accepté que dans certains autres pays musulmans) , mais il est "excusé" lorsqu'il ne s'agit que de prostitution (Il n'est pas gay!! Il fait juste ça pour l'argent!!Ce n'est pas sa faute.). Quel paradoxe!
"Des jeunes filles de 13 à 15 ans tombent enceintes, des gens attrapent le SIDA, mais on ferme les yeux"

Enfin bref, la comorienne sexuality est tout ce qui a de plus lié à notre génération et qui, je pense, nous démarque de nos parents. Seulement, avoir une activité sexuelle a ses conséquences (grossesses, maladies...). Et elles sont aussi cachées, pour ne pas dire plus, que l'acte en lui-même. Lorsqu'elles arrivent, peu en parlent. Des jeunes filles de 13 à 15 ans tombent enceintes, des gens attrapent le SIDA, mais on ferme les yeux, se bouche les oreilles et on ne dit rien comme si cela ferait disparaître ces faits. Je pense que pourtant avec peu, on peut réussir beaucoup (grande phrase mystique). Je m’explique: il existe selon moi, quelques petits trucs simples à faire, par les parents et par les enfants, qui permettraient de « limiter les dégâts ».

Pour les parents : vous ne pouvez pas tellement empêcher vos enfants de faire des bêtises, mais vous pouvez leur expliquer ce qu’est la sexualité, qu’ils n’aient pas besoin d’en faire l’expérience pour savoir. Ne faites pas de la sexualité un sujet tabou et ne leur mentez pas !! Plus ils maitriseront le sujet, moins ils feront d’erreurs (théoriquement), moins ils se sentiront le besoin d’apprendre par eux-mêmes par des films ou en couchant à gauche ou à droite. Ils ne doivent pas découvrir seuls ce qui est tout à fait naturel (l’attirance sexuelle). Mettez les en garde contre tous les problèmes liés au sexe et invitez les à tout vous confier. Ne pas juger, mais conseiller.

Pour les jeunes : protégez-vous coûte que coûte !!! Oui, c’est vrai qu’en pleine action, il est dur de penser à la contraception mais les conséquences peuvent être trop lourdes pour 2m30 (grand maximum)de plaisir. Ils existent différents moyens de contraception adaptés à chaque cas, et qui pourront éviter certaines mauvaises situations. Faites des tests si vous avez eu des relations non protégées. N’ayez pas peur de parler à vos parents quand une situation vous échappe, ils sauront vous conseiller (enfin je l’espère). Si malgré tout vous vous retrouvez dans des situations délicates, et que vos parents ne vous aident pas autant que vous le souhaitiez, vous pouvez en parler autour de vous (parce qu’on se sent toujours mieux après). Sinon, ils existent des endroits où vous pourrez en parler sans être jugé et être ensuite conseiller: le planning familial par exemple. Ne faites pas de choses insensées (se taire et accoucher seule, ou se mettre à l'écart sans explications ou pire encore vous donner la mort)!!
Pour résumer : si nous désirons avoir une vie sexuelle, il faut l’assumer et en assumer aussi les conséquences.

Parler est le mot d’ordre, mentir ne mène à rien.

Rédigé le Jeudi 21 Mai 2009 à 04:36 | Lu 5184 fois


Riwadi


1.Posté par MARCO le 15/04/2011 13:01
Pas grd chose à rajouter..si ce n'est bravo pour la clairvoyance de ton analyse et ta franchise..c'est de l'avis d'un français qui a visité les comores recemment, indispensable et urgent, voir une question de vie ou de mort pour ce petit pays si beau et si attachant que des gens dénoncent l'hyppocrisie et tire la sonnette d'alarme.."petit pays", ce n'est pas péjoratif mais une référence à la magnifique chanson de Cesaria Evora, chanteuse du cap vert...

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