Extradition du violeur de la magistrate : c’est non



Le gouvernement de l’Union des Comores l’a fait savoir haut et fort : il n’est pas question d’extrader le violeur de la magistrate de Mayotte réclamé par la justice française. Les Comores n’ont pas oublié l’affaire Mohamed Bacar.



Extradition du violeur de la magistrate : c’est non
’est non pour l’instant. Les Comores ne veulent pas livrer à la France Ahamada Saindou dit Mpounza, 32 ans, le violeur présumé de la magistrate française à Mayotte arrêté le 2 novembre dernier en Grande Comore après des semaines de traque. « On ne renvoie jamais un compatriote de son propre territoire », a indiqué le porte-parole du gouvernement comorien, le Dr Sounhadj Attoumane, ministre de la Santé, au journal comorien Albalad. L’Union des Comores a donc « décliné la demande » d’extradition formulée par la justice française. Ahamada Saindou, qui a reconnu le viol et qui est placé en détention provisoire, sera donc jugé à Moroni, annonce le porte-parole du gouvernement. « Nous n’allons pas cautionner l’impunité ». Le gouvernement comorien ne cache pas qu’il n’a pas oublié l’affaire Mohamed Bacar, en 2008. En fuite à la suite de l’intervention armée de l’Union africaine, l’ancien dictateur d’Anjouan s’était réfugié à Mayotte avant d’être exfiltré à la Réunion. Les Comores avaient réclamé son extradition qui avait été refusée par la justice française parce que l’ancien président risquait la peine de mort. Depuis, Mohamed Bacar, indésirable sur le sol français, vit en exil au Bénin. Les Comores n’ont pas digéré non plus que la France ne lui livre pas les précieux bras droits de Bacar, comme son frère le Dr Abou Bacar, et les ex-ministres Aboudi Madi, Djaffar Salim. Les deux derniers se trouvent toujours à Mayotte. Le porte-parole du gouvernement de l’Union des Comores indique clairement qu’il n’est pas question de faire plaisir à la France.

CETTE DÉCISION EST-ELLE IRRÉVOCABLE ?

« C’est notre façon de voir les choses d’autant plus qu’il y a eu des personnalités comoriennes qui se sont réfugiées à Mayotte et que les autorités françaises ont refusé de nous livrer », a indiqué le Dr Soundhadj. Comme l’écrit le journal Jeune Afrique, cette décision a bien « un parfum de revanche » pour l’Union. Il est vrai aussi que les relations franco-comorienne ne sont actuellement pas au beau fixe. Pas seulement parce que le président Sambi est plus attiré par le monde arabe que par l’ancienne puissance coloniale. L’annonce du référendum à Mayotte sur la départementalisation a été vécue comme “une provocation” à Moroni où l’on considère que Mayotte est « une île comorienne et le restera ». « Il n’y a pas d’acte plus hostile que celui-ci puisqu’il exclut toute possibilité de retour », souligne un journaliste politique comorien. Reste que beaucoup de personnes aux Comores ne pensent pas que cette décision soit irrévocable. À commencer par l’ambassadeur de France à Moroni, Luc Hallade, qui va devoir trouver les mots qu’il faut pour amener le gouvernement comorien à revenir sur sa position. « Il est vrai que la France a des moyens de pression et que notre pays est vulnérable », ajoute notre confrère de Moroni. La France peut ainsi agir sur le levier de l’aide internationale ou de la coopération, notamment dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau qui vise à développer les échanges entre les Comores et Mayotte malgré les différends. Les autorités françaises peuvent également jouer sur les transferts de fonds entre les Comoriens de métropole et ceux de l’archipel, sachant que le pays dépend à plus de 80 % de ces envois d’argent. Alors même que les finances du pays se sont encore dégradées au cours des derniers mois au point que le FMI a exhorté le gouvernement à prendre « des mesures de correction rapides » et que des discussions sont en cours pour que le pays obtienne un allégement de sa dette. Enfin, il ne faut pas oublier que les Comores sont actuellement en pleine campagne électorale pour la présidence tournante. Impossible pour le pouvoir du président Sambi, dont le candidat est arrivé en tête lors des primaires, de céder face à la demande de la France
Extradition du violeur de la magistrate : c’est non


Rédigé le Vendredi 26 Novembre 2010 à 00:41 | Lu 1004 fois


Jérôme Talpin - Clicanoo.fr

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